NOMADE VOILE: Le blog

Nomade Voile en Irlande : Le Crash Test.

Parce qu'un bateau n'est jamais terminé, nous avons passé l'hiver à armer FUGA, à l'améliorer, à souder, poncer, installer... Restait donc plus qu'à essayer !

Essayer nos nouveaux enrouleurs de chez SELDEN, essayer notre pilote hydraulique, essayer les bossoirs pour l'annexe, nos nouvelles voiles et puis nous tester nous aussi. Naviguer à deux, enfin à deux et demi avec Oï, notre chien, dont c'était la première navigation de plusieurs jours.

Pour mêler l'utile à l'agréable, nous avons donc décidé de mettre le cap vers l'Irlande: 5 jours pour y aller, 10 jours sur place puis 5 jours retour. Mais comme c'est souvent le cas lorsque nos désirs son soumis à ceux de la météo, ça ne s'est pas vraiment passé comme ça...

 

LA LOI DE MURPHY: « Tout ce qui est susceptible de mal tourner tournera nécessairement mal. »

 

La semaine avant le départ, il a fait un temps magnifique à La Rochelle, on regardait le ciel bleu en fignolant deux trois trucs sur le bateau et en rêvant à la super nav' qui nous attendait. Puis, à quelques jours du départ on a commencé à regarder la météo annoncée pour notre traversé. OUPS! Avis de "coup de vent" à "fort coup de vent" pour commencer, puis avis de "tempête" au large des Scilly... "Bon, d'ici trois jours, ça a le temps de changer". Ou pas. Satané loi de Murphy !

On a rongé notre frein pendant des jours en attendant une amélioration. On a profité de ce retard forcé pour tenter de finir d'installer notre pilote hydraulique. En vain. On naviguera avec notre bon vieux régule, on ne change pas une équipe qui gagne !

 

 

FUGA naviguant au régulateur d'allure.
FUGA naviguant au régulateur d'allure.

 

 

LE CALME APRES LA TEMPÊTE « Mieux vaut 15 noeuds dans la tête que 70 dans les fesses. »

 

Finalement, le 07 juin nous larguons les amarres avec 4 jours de retard sur notre date de départ initiale. Comme quoi, naviguer c'est prévoir, mais c'est aussi et surtout patienter. Et patienter ça en valait la peine puisque nous partons sous le soleil avec 15 nœuds et une mer très calme. Bon, nous partons tout de même avec le vent dans le nez et on se fera donc deux jours de près vers Camaret mais nous ne nous formalisons plus avec ça, c'est  une malédiction chez nous. Nous avons fini par en rire " - On va par où? - Bah regarde d'où vient le vent..."

 

Dario en train d'étudier la carte du Raz de Sein
Dario en train d'étudier la carte du Raz de Sein

 

 

A Camaret nous ferons une escale de 24 heures le temps de laisser passer une nouvelle dépression. On profite une fois de plus de ce repos forcé, cette fois-ci pour rendre visite à de vieux amis de Dario. Oui parce que, Camaret, Dario connait bien. C'est là-bas qu'il y a sept ans il est arrivé depuis New York avec son ancien bateau, CUMPA. Il s'y est installé quelques temps et à nouer des liens avec Marco et Julie qui tiennent la Camarétoise, la voilerie de Camaret. A cette époque, ils venaient de reprendre la boutique et Dario les a aider à aménager l'atelier en échange d'une remise en forme de ses voiles qui avaient soufferts du voyage.

 

 

Le phare de Camaret
Le phare de Camaret

 

 

Nous passons donc une soirée à échanger sur nos aventures maritimes, Marco et Julie nous parlent de la Polynésie où ils ont passé pas mal de temps. Autour du coup, Julie en garde un souvenir, une perle noire de Tahiti. "Toi aussi tu auras bientôt la tienne" me dit Dario, et je songe incrédule à l'aventure qui nous attend d'ici quelques mois.

Et nous voilà reparti, toujours 15 nœuds, toujours dans le nez et nous tirons un bord de 2 jours et 9 heures jusqu'à Cape Clear ! Le soleil est toujours là, lui aussi, la mer est un peu plus forte, il reste de jolies vagues du coup de vent qui vient de passer. On occupe nos journées à lire, à jouer avec le chien et puis à pêcher. Enfin, à essayer... C'est notre seconde malédiction. A notre rencontre nous avons pécher un super thon rouge au Brésil, et puis, plus rien, jamais. Imanja* à dû nous punir d'avoir pêcher une espèce protégée... Du coup, on mange du maquereau en boite !

*Déesse de la mer au Brésil. 

 

LE DEUXIÈME MEILLEUR PAYS DU MONDE « Entre Rio et Dublin mon cœur balance. »

 

L'Irlande Dario la connait bien. Il y est allé plusieurs fois et lorsque les gens lui demandent quel pays il préfère de tous ceux qu'il a visités, il répond le Brésil et L'Irlande. Le Brésil, je comprends c'est un pays magnifique et nous avons l'habitude de lui attribuer la certification de "meilleur pays du monde", mais l'Irlande... je restais un peu dubitatif. Ça faisait longtemps que j'avais envie d'y aller mais j'avais du mal à croire qu'après tous les pays qu'il avait visité, Dario lui accorde le label "deuxième meilleur pays du monde".

Aujourd'hui je comprends !

 

Oï guette l'arrivée à Cape Clear
Oï guette l'arrivée à Cape Clear

 

 

Ayant pris du retard sur notre départ, nous ne sommes resté que 5 jours sur les dix prévus initialement. Nous avions un stagiaire, Jean Jacques, à ramener à bon port à la date prévu, donc pas le temps de s'éterniser. Dommage. Nous avons eu 5 jours de soleil et un temps formidable pour découvrir la côte sud du County Cork. Les paysages, les gens, l’accueil, et puis la bière, of course.

Cape Clear et son mouillage désert au milieu d'une baie verdoyante, Schull et ces bars bondé résonnant de musique live, Crookhaven et sa plage réputé la plus belle d'Irlande, Castletownbere Haven et l'hospitalité de ses marins, Adrigole et ses paysages brumeux...

 

 

Le pavillon Irlandais devant l'entrée de la Baie de Crookhaven
Le pavillon Irlandais devant l'entrée de la Baie de Crookhaven

 

 

RETOUR AU BERCAIL « Plus que deux mois avant le bonheur. »

 

Et puis il faut partir. On lève l'ancre le 18 juin à 11h00 et nous partons avec 5 petits noeuds, devinez comment... Bah oui, au près !

Si côté malédiction, nous avançons toujours vent dans le nez, nous avons le plaisir de s'apercevoir que côté pêche, on progresse ! Je me découvre une nouvelle passion et on finit même par relâcher les poissons qui nous semblent trop petits. Maquereaux, bar, il y en a pour tous les goûts !

 

 

Après les maquereaux, un bar pour varier les plaisirs !
Après les maquereaux, un bar pour varier les plaisirs !

 

 

Le vent fini par tomber complètement, pétole, on décide donc de s'arrêter le temps d'une nuit à Belle Île en Mer en attendant qu'il daigne repointer le bout de son nez. Une nuit donc, et une matinée, le temps d'explorer rapidement la côte sauvage et de dégourdir les pattes de Oï, qui, faute de mouton, occupe son temps en chassant les mouches.

 

Coucher de soleil pour notre arrivée à Belle Ile en Mer
Coucher de soleil pour notre arrivée à Belle Ile en Mer

 

 

Et nous revoilà parti, et, Ô MIRACLE vent arrière !! Notre fier FUGA vol à 7 nœuds vers La Rochelle (c'est une très bonne moyenne pour notre bateau !) mais je suis un peu vexée qu'il mette tant d'entrain pour rentrer à la maison...

A 6h00 on aperçoit les premières lueurs de la ville qui s'éveille. Un petit pincement au cœur m'accompagne à l'entrée du port en pensant à notre aventure qui se termine... Mais je pense surtout à celle à venir. Deux mois à tirer à peine et nous partons, cette fois ci pour de bon, direction le soleil, l'alizé, le bonheur.